Réduire l'apatridie au Kazakhstan : efforts conjoints du gouvernement et de la société civile
Dans le cadre des efforts déployés pour réduire le nombre d'apatrides au Kazakhstan, Bureau international kazakh pour les droits de l'homme et l'état de droit (KIBHR)En collaboration avec le ministère de l'Intérieur, une campagne conjointe a été menée fin 2025 pour identifier et recenser les apatrides. Ces campagnes sont devenues des événements annuels et un pilier essentiel de la coopération entre la société civile et le Comité des services de migration, témoignant ainsi de l'engagement continu du gouvernement à réduire l'apatridie.
Dans le cadre de cette campagne, des avocats d'ONG et des représentants des services de migration ont effectué des visites sur le terrain dans des zones reculées et organisé des réceptions dans les principales villes du Kazakhstan. Cette collaboration permet aux personnes les plus marginalisées d'accéder à une assistance juridique et d'obtenir les documents nécessaires.
Lors de la campagne de 2025, des avocats, en collaboration avec des agents des services de migration, ont recensé 380 apatrides. Durant la même période, 153 personnes ont bénéficié du soutien d'avocats du KIBHR pour confirmer ou acquérir la nationalité.
Derrière ces chiffres se cachent des histoires personnelles qui illustrent à la fois les difficultés liées à l'apatridie et l'impact d'une action coordonnée.
Pendant des années, Nigara Bakiyeva a vécu sans papiers d'identité, comme sa mère avant elle. Née au Kazakhstan mais jamais enregistrée, elle a dû quitter l'école prématurément et a eu des difficultés à accéder aux soins de santé. Devenue mère à son tour, le risque de transmettre l'apatridie à une troisième génération est devenu une réalité. Après avoir appris l'existence de l'aide juridique gratuite proposée par le Bureau des droits de l'homme (KIBHR), elle a décidé de retenter sa chance malgré des années d'échecs de sa famille. En quelques mois, elle a obtenu ses premiers papiers d'identité, suivis des actes de naissance de ses enfants, marquant un tournant décisif pour toute la famille.
Un autre exemple est celui d'Alexander Sokolov, qui a passé plus de 30 ans sans papiers en raison des lacunes des procédures administratives après l'effondrement de l'Union soviétique. Malgré des démarches répétées dans différentes régions, il n'a pas pu régulariser sa situation. Ce n'est qu'après avoir contacté le Bureau des droits de l'homme (KIBHR) que sa situation a évolué. En quelques mois, il a obtenu une carte d'identité kazakhe. Aujourd'hui, il travaille, subvient aux besoins de sa famille et vit sans la crainte et l'exclusion constantes liées à l'absence de papiers.
Ces cas mettent en lumière non seulement l'impact transformateur de l'aide juridique, mais aussi l'importance de mettre en place des systèmes capables de prévenir et de résoudre plus efficacement l'apatridie à l'avenir.
Les juristes du Bureau ont commencé à dispenser un cours sur l'apatridie à l'Institut du ministère de l'Intérieur, où sont formés les agents de la police des migrations. Ce cours vise à doter les futurs agents de connaissances pratiques et de normes internationales pour la prise en charge des personnes apatrides, renforçant ainsi les réponses institutionnelles. Il sera proposé chaque année aux étudiants et aux enseignants de l'Institut.
Toujours en mars 2026, le président du Kazakhstan a annoncé une amnistie administrative dans le pays, une mesure réclamée de longue date par les défenseurs des droits humains. Cette amnistie permettra à de nombreuses personnes apatrides de se manifester sans crainte d'amendes, qui ont historiquement constitué un obstacle à l'obtention de documents.
Malgré des progrès significatifs, l'apatridie persiste dans certaines communautés, touchant souvent des familles sur plusieurs générations. La poursuite de la coopération entre les instances gouvernementales et la société civile demeure essentielle pour que personne ne soit laissé pour compte. Pour des personnes comme Nigara et Alexander, ces efforts ne se limitent pas à des démarches administratives : il s'agit de recouvrer leurs droits, leur dignité et un sentiment d'appartenance.
Auteur : Denis Dzhivaga, directeur du Bureau international kazakh pour les droits de l’homme et l’état de droit (KIBHR)
29 July 2026
From Policy to People: Closing the Gap on Statelessness in Thailand
Thailand’s journey toward addressing statelessness has been shaped by decades of policy reform, Communauté advocacy, and growing national recognition that legal identity is fundamental to human dignity, inclusion, and development. Over the years, Thailand has taken important steps to reduce statelessness and resolve long-standing issues of undocumented status, particularly among ethnic minorities, border communities, long-term migrants, and people whose births or family records were never properly registered.
A major milestone came with the 29 October 2024 Cabinet Resolution, which was designed to create clearer and faster pathways to nationality or secure legal status for more than 480,000 people. The resolution marked a historic turning point by shortening processing timelines significantly.
En savoir plus21 avril 2026
Plaidoyer stratégique en faveur du droit à la nationalité dans le cadre de l'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies
Au Centre international de soutien aux droits et libertés (ICSRF), nous considérons le droit à la nationalité comme l'un des droits humains fondamentaux, au même titre que le droit à la vie. Fort de ce principe, et depuis son adhésion à l'Alliance mondiale pour mettre fin à l'apatridie, l'ICSRF s'efforce de garantir que les risques d'apatridie soient systématiquement pris en compte dans les mécanismes internationaux de protection des droits humains, notamment l'Examen périodique universel (EPU).
En savoir plus9 avril 2026
Les Églises ont la responsabilité d'agir contre l'apatridie
Les églises et les organisations confessionnelles ont une responsabilité morale et un rôle important à jouer dans la prévention et la réduction de l'apatridie. Forte de son autorité morale, de sa présence communautaire et de son engagement de longue date en faveur de la justice sociale, l'Église est bien placée pour soutenir des actions concrètes visant à protéger les personnes vulnérables et à garantir à chacun une nationalité.
Au Libéria, Church Aid, Inc., en collaboration avec ses partenaires, a démontré concrètement ce potentiel. Grâce à des initiatives communautaires de soutien à l'enregistrement des naissances, plus de 20 000 enfants ont pu obtenir un acte de naissance, réduisant ainsi leur risque d'apatridie et d'exclusion.
Pour de nombreuses Églises, l'engagement face à l'apatridie s'appuie sur les Écritures et la foi. La Bible nous rappelle de ne pas opprimer l'étranger, car nous savons nous-mêmes ce que signifie la vulnérabilité. Elle appelle les croyants à l'hospitalité envers les étrangers et à défendre ceux qui ne peuvent se défendre. Face à la souffrance, l'Église a le devoir d'apporter du réconfort. Un christianisme qui ignore l'injustice et la souffrance ne reflète ni le caractère ni la mission du Christ.
Les apatrides ne font pas exception.
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