Un an après : Le parcours du mouvement au sein de l'Alliance mondiale pour mettre fin à l'apatridie

La proximité et les privilèges déterminent profondément qui, dans la lutte mondiale contre l'apatridie, fait entendre sa voix. Pour des millions d'apatrides, des obstacles tels que la distance, le manque de ressources et l'absence de papiers d'identité entraînent une exclusion non seulement de leurs gouvernements, mais aussi des instances humanitaires et de plaidoyer internationales qui prétendent les représenter. Parallèlement, ceux qui possèdent un passeport et un pouvoir institutionnel circulent souvent librement au sein de systèmes internationaux qui restent inaccessibles aux personnes mêmes qu'ils sont censés servir.

C’est précisément ce déséquilibre que le Mouvement mondial contre l’apatridie (GMAS) s’efforce de combattre par son engagement au sein de l’Alliance mondiale pour mettre fin à l’apatridie. Le GMAS siège au Comité consultatif de l’Alliance mondiale aux côtés de deux autres organisations dirigées par des personnes apatrides, en tant que partenaire à part entière des États, des organisations régionales et des agences des Nations Unies, participant à l’élaboration des stratégies et à la conduite du changement. L’Alliance offre un espace de rencontre unique où États, organisations internationales, société civile et groupes dirigés par des personnes apatrides peuvent collaborer sur un pied d’égalité. Toutefois, l’égalité des intentions ne se traduit pas automatiquement par l’égalité des pratiques. Le GMAS a rejoint l’Alliance non seulement pour participer, mais aussi pour redéfinir la notion même de participation, afin d’affirmer que l’expertise, l’expérience et le leadership des personnes apatrides sont essentiels à toute initiative visant à mettre fin à l’apatridie.

Au cours de l'année écoulée, GMAS a utilisé cette plateforme pour partager des connaissances, mettre en lumière les déséquilibres de pouvoir et bâtir de véritables partenariats fondés sur le respect mutuel. Le Mouvement a dialogué et mené des actions avec les partenaires de l'Alliance, parfois dans un esprit de célébration, souvent de critique, afin de déterminer comment la réponse mondiale peut dépasser une simple inclusion symbolique pour aboutir à une véritable co-création.

Des initiatives telles que le cycle de webinaires de l'Alliance sur le partage des connaissances offrent de précieuses occasions de réflexion et d'échange, permettant aux personnes apatrides de faire entendre leur voix et d'enrichir la réflexion mondiale. Ces dialogues témoignent de l'engagement de l'Alliance à promouvoir une communauté d'apprentissage qui valorise la diversité des expertises. L'année écoulée au sein de l'Alliance a été essentielle pour redéfinir la solidarité, garantissant que les personnes apatrides soient non seulement représentées, mais aussi pleinement impliquées dans l'élaboration des stratégies, des priorités et des cadres de responsabilité de l'effort mondial visant à mettre fin à l'apatridie. Dans cet espace partagé, nous avons pu créer des liens, partager nos expériences et commencer à redéfinir ce que signifient réellement la collaboration et la justice.

Christy Chitengu

Co-responsable du Mouvement mondial contre l'apatridie

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Denis Dzhivaga
Directeur du Bureau international kazakh pour les droits de l'homme et l'état de droit (KIBHR)
Réduire l'apatridie au Kazakhstan : efforts conjoints du gouvernement et de la société civile

Dans le cadre des efforts déployés pour réduire le nombre d'apatrides au Kazakhstan, le Bureau international kazakh pour les droits de l'homme et l'État de droit (KIBHR), en collaboration avec le ministère de l'Intérieur, a mené une campagne conjointe d'identification et de recensement des apatrides fin 2025. Au cours de cette campagne, des avocats, en partenariat avec les services de migration, ont recensé 380 apatrides. Parallèlement, 153 personnes ont bénéficié de l'aide des avocats du KIBHR pour confirmer ou acquérir la nationalité kazakhe.

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Ahmed Aly
Directeur exécutif du Centre international pour la défense des droits et des libertés (ICSRF)
Plaidoyer stratégique en faveur du droit à la nationalité dans le cadre de l'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies

Au Centre international de soutien aux droits et libertés (ICSRF), nous considérons le droit à la nationalité comme l'un des droits humains fondamentaux, au même titre que le droit à la vie. Fort de ce principe, et depuis son adhésion à l'Alliance mondiale pour mettre fin à l'apatridie, l'ICSRF s'efforce de garantir que les risques d'apatridie soient systématiquement pris en compte dans les mécanismes internationaux de protection des droits humains, notamment l'Examen périodique universel (EPU).

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Évêque Kortu K. Brown
L'évêque Kortu K. Brown, de l'Église pentecôtiste apostolique et de Church Aid, Inc., au Libéria
Les Églises ont la responsabilité d'agir contre l'apatridie

Les églises et les organisations confessionnelles ont une responsabilité morale et un rôle important à jouer dans la prévention et la réduction de l'apatridie. Forte de son autorité morale, de sa présence communautaire et de son engagement de longue date en faveur de la justice sociale, l'Église est bien placée pour soutenir des actions concrètes visant à protéger les personnes vulnérables et à garantir à chacun une nationalité.

Au Libéria, Church Aid, Inc., en collaboration avec ses partenaires, a démontré concrètement ce potentiel. Grâce à des initiatives communautaires de soutien à l'enregistrement des naissances, plus de 20 000 enfants ont pu obtenir un acte de naissance, réduisant ainsi leur risque d'apatridie et d'exclusion.

Pour de nombreuses Églises, l'engagement face à l'apatridie s'appuie sur les Écritures et la foi. La Bible nous rappelle de ne pas opprimer l'étranger, car nous savons nous-mêmes ce que signifie la vulnérabilité. Elle appelle les croyants à l'hospitalité envers les étrangers et à défendre ceux qui ne peuvent se défendre. Face à la souffrance, l'Église a le devoir d'apporter du réconfort. Un christianisme qui ignore l'injustice et la souffrance ne reflète ni le caractère ni la mission du Christ.

Les apatrides ne font pas exception.

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